Techniques

 

Le raku


         
histoire-N°-1-Ce type de cuisson d’origine japonaise, employé depuis le XVI siècle, consiste à sortir les pièces chaudes du four, provocant des effets décoratifs ; craquelures, enfumages, lustres métalliques.

La pièce est sortie du four à l’aide d’une longue pince métallique. Elle est incandescente, environ 1000°C mais on devine les couches d’émaux par leurs dégradés d’oranges et de rouges.
Le moment est crucial, c’est en effet au moment du refroidissement qu’on peut jouer sur les modifications d’état des émaux, qui peuvent être suivies à l’oeil nu.

L’émail va prendre des teintes différentes selon son état final : réduit suite à un refroidissement en absence d’oxygène, il métallise et prend des reflets dorés ou argentés...
Avec un refroidissement en présence d’oxygène, la pièce s’oxyde et prend des couleurs qui peuvent être à l’opposé de sa couleur de réduction. Entre les deux états, il existe souvent toute une gamme de couleurs intermédiaires.

Les couleurs et craquelures d’une même pièce peuvent être contrôlées en provoquant des réductions locales (par ajout de copeaux de sciure, par exemple) ou des oxydations partielles.
Malgré tout, on n’est jamais à l’abri de surprises (bonnes ou mauvaises), et l’aspect aléatoire du raku rajoute beaucoup à son charme !

La technique du raku permet de suivre la cuisson et de décider des moments privilégiés pour sortir les pièces. Incandescentes, elles subissent un choc thermique important. Enfumées ou trempées dans l’eau, ou rebrûlées, ou laissées à l’air libre, dans tous les cas ces pièces travaillent, racontant ainsi l’histoire de la terre, du feu, de l’eau en une poésie profonde si caractéristique du raku.

L’esprit du raku illustre la beauté de l’imperfection et de l’inachevé ainsi que la rencontre entre l’Orient et l’Occident.
Les «êtres de lumière», les maîtres des quatre éléments : terre, eau, air, feu ; sont animés d’une flamme qui fait partie intégrante de la sculpture.

stage2On pourrait parler de naissance, destruction et renaissance. En effet, chaque sculpture est un «puzzle», un assemblage. Les morceaux qui composent chaque pièce apparaissent, disparaissent, réapparaissent... construction en terre crue... Puis, cuisson, biscuit et, de nouveau, reconstruction...
L’alchimie des métaux les transforme enfin : le choc thermique avec l’air, puis le feu et l’eau confèrent leur aspect final... Ou presque... car, peu à peu, le hasard fait place à la construction définitive, donnant naissance à des êtres semblant avoir traversés les âges.

Le Raku est, une technique de tous les instants, une recherche permanente.